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Les femmes et le voile en Iran

Après la mort de Mahsa, détenue pour « tenue indécente », l’Iran s’enflamme

Extrait de Ouest France Publié le

“La mort de Mahsa Amini vendredi 16 septembre 2022, détenue pour « tenue indécente », a mis le feu aux poudres en Iran, sur fond de répression continue des femmes et de leurs droits. Depuis, les manifestations en soutien à la jeune femme se sont multipliées, tout comme de « violentes répressions ».”

En Iran, se couvrir les cheveux est obligatoire en public. La police des mœurs interdit en outre aux femmes de porter des manteaux courts au-dessus du genou, des pantalons serrés et des jeans troués ainsi que des tenues de couleurs vives, entre autres.

Le décès de la jeune femme a suscité une vague de colère dans le pays. Les manifestations se sont étendues pour la cinquième nuit consécutive, a rapporté ce mercredi 21 septembre 2022, l’agence officielle Irna.

Des manifestants sont sortis dans les rues d’une quinzaine de villes d’Iran, bloquant la circulation, incendiant des poubelles et des véhicules de police, lançant des pierres sur les forces de sécurité et scandant des slogans hostiles au pouvoir.

La police a utilisé des gaz lacrymogènes et procédé à des arrestations pour disperser la foule, a précisé l’agence.

Des hommes et des femmes, dont beaucoup avaient ôté leur foulard, se sont rassemblés à Téhéran et dans d’autres grandes villes du pays, notamment à Mashhad (nord-est), Tabriz (nord-ouest), Rasht (nord), Ispahan (centre) et Kish (sud), ajoute l’agence.”

Extrait de France 24

“La goutte d’eau qui fait déborder le vase”. C’est ainsi qu’Azadeh Kian, professeur de sciences politiques à l’université Paris VII Diderot et spécialiste de l’Iran, qualifie la mort “suspecte” de Mahsa Amini, une jeune Iranienne de 22 ans, tombée dans le coma après son arrestation par la police des mœurs et décédée le 16 septembre dans un l’hôpital de Téhéran.

Depuis, le pays a vu se multiplier les manifestations pour dénoncer cette brigade, chargée de faire respecter l’obligation de se couvrir les cheveux et le corps jusqu’aux genoux. Les rassemblements se sont étendus à une quinzaine de villes, gagnant également la capitale et ses universités. À Téhéran notamment, les protestataires ont bloqué les rues, lancé des pierres sur les forces de sécurité, incendié des véhicules de police et des poubelles, et scandé des slogans antigouvernementaux, tels que “Mort à Khamenei [le guide suprême]”.

En Iran, se couvrir les cheveux en public est obligatoire en vertu de la loi islamique iranienne, fondée sur une interprétation stricte de la charia. La police des mœurs – connue officiellement sous le nom de Gasht-e Ershad, ou “patrouille d’orientation” – est chargée de veiller au respect de cette loi vestimentaire.

Or, aucune définition précise d’un port “correct” du voile n’est avancée, ce qui laisse ce pouvoir à la discrétion des autorités. Au gré des déclarations de dignitaires religieux et des dirigeants iraniens, il est devenu d’usage d’interdire aux femmes de porter des manteaux courts au-dessus du genou, des pantalons serrés et des jeans troués, ainsi que des tenues de couleurs vives.

“La République islamique a sacralisé le voile dès ses débuts. C’est l’ayatollah Khomeini en personne qui a annoncé que le voile des femmes représentait le sang des martyrs”, précise Azadeh Kian. Dès lors, les autorités du pays sont tombées leur propre piège. En présentant le voile comme l’honneur de la République islamique, elles en ont fait un objet politique. Aujourd’hui, elles se trouvent confrontées à une jeune génération remettant en question cette tenue vestimentaire imposée. “Il n’est pas étonnant de constater que la réponse des autorités soit de plus en plus forte et de plus en plus répressive”, remarque Azadeh Kian.”

Extrait du Monde

« Mort à la République islamique ! » L’Iran est en proie à la colère des manifestants depuis la mort, le 16 septembre, de Mahsa Amini, 22 ans, tombée dans le coma après avoir été arrêtée trois jours plus tôt et détenue par la police des mœurs au motif qu’elle portait des vêtements « inappropriés ». Des militants ainsi que sa famille ont jugé sa mort « suspecte », mais la police de Téhéran a affirmé qu’il n’y avait « pas eu de contact physique » entre les policiers et la victime.

Après une première manifestation samedi à Saqqez (nord-ouest), la ville natale de la jeune femme kurde, environ 500 personnes se sont rassemblées pour protester dimanche soir à Sanandaj, capitale de la province iranienne du Kurdistan. La contestation a gagné Téhéran lundi, et une quarantaine de cités dans la nuit de mardi à mercredi. Trois personnes ont été tuées au cours des manifestations dans le Kurdistan iranien, a annoncé mardi le gouverneur de la province, cité par l’agence de presse Fars – selon d’autres sources, six personnes seraient mortes dans cette région. (…)

Dans un entretien avec Le Monde, Azadeh Kian, professeure de sociologie à l’université Paris-Cité, estime que l’élection à la présidence d’Ebrahim Raïssi, en juin 2021, a renforcé l’oppression des Iraniennes.(…)

Azadeh Kian : Le caractère inédit, c’est que ce sont des femmes qui sont sur le devant de la scène contestataire. Avant, ce n’était pas le cas, ou pas autant. Et beaucoup de jeunes hommes soutiennent, de plus en plus, les jeunes femmes qui manifestent pour leurs droits.”

 

En Iran, de nouvelles manifestations après la mort d'une jeune femme  arrêtée par la police des mœurs

İran'daki protestolar iç savaşa mı gidiyor